
LE WEB VA MOURIR EN FRANCE
Communiqué : Le 9 mars votez contre les machines
vendredi 7 mars 2008 par Jean Charles Delépine
Les acteurs de la Campagne amiénoise contre les ordinateurs de vote ont interrogé les candidats à la municipalité d’Amiens concernant tant l’utilisation passée des ordinateurs de vote que leur avenir.
Nous avons reçu à ce jour les réponses de Francis DOLLÉ, Yanick LEFLOT-SAVAIN, Gilles de ROBIEN et Gilles DEMAILLY. Dominique FACHON nous a donné une rapide réponse orale entre deux réunions.
Parmis les candidats aux cantonales, seul Gérald MAISSE sur le canton Amiens Nord-Ouest a répondu à notre questionnaire. Cela peut certainement s’expliquer par le fait que ce sont les mairies qui décident d’utiliser ou non des ordinateurs de vote. Il nous semblait cependant intéressant d’avoir l’avis de ces citoyens candidats.
Les réponses complètes des candidats sont disponibles sur http://vao-amiens.fdn.fr/Municipale...
Nous nous félicitons que 5 candidats sur 6 aient répondu à notre questionnaire. Nous nous félicitons également que Gilles de ROBIEN soit le seul à défendre l’usage de ces ordinateurs opaques :
Francis DOLLÉ : « La modernisation du processus électoral, pour autant qu’elle soit nécessaire, doit faire l’objet d’un large débat citoyen et ne peut en aucun cas être prétexte à un moins disant démocratique, à un moindre contrôle citoyen. »
Yanick LEFLOT-SAVAIN : « l’application à grande échelle d’une fraude électorale nous a été illustrée par l’élection de Georges BUSH ! Nous ne pouvons accepter cette autorisation de la fraude électorale ! »
Dominique FACHON : « Je suis contre »
Gilles de ROBIEN : « Cette expérimentation, qui s’appuie sur des machines agréées par le ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans le cadre d’une démarche de modernisation du service public »
Gilles DEMAILLY : « Nous sommes défavorables à toute utilisation d’ordinateurs de vote aux élections. Le vote papier est en effet le seul qui permette le contrôle du vote par tout électeur, du début à la fin du processus, alors qu’il est extrêmement difficile, voire impossible de vérifier des résultats stockés dans une mémoire d’ordinateur. »
Gérald MAISSE : « Je suis défavorable à toute utilisation des “ordinateurs de vote”. La méthode du bulletin de vote papier a fait ses preuves. Il faut continuer à l’utiliser..
Pour l’avenir, Francis DOLLÉ et Gilles DEMAILLY promettent de faire en sorte que les ordinateurs soient repris par l’entreprise les ayant vendus à la ville d’Amiens, Yanick LEFLOT-SAVAIN exclut de les utiliser dans le cadre d’élections et envisage de les passer en pertes et profits, la question n’a pas été évoquée avec Dominique FACHON.
Gilles de ROBIEN qui voulait lors des dernières présidentielles utiliser réellement les machines, sans vote papier, dans 18 bureaux de vote d’Amiens a été contraint de reculer et doit envisager (au moins avant les élections) une consultation de la population :
« Nous avons décidé de notre côté de poursuivre l’expérimentation et la concertation avec les Amiénois, afin qu’ils puissent se faire leur propre opinion et l’exprimer par un questionnaire qui leur sera remis après avoir accepté de tester le vote électronique. [...] »
(En fait de questionnaire, il s’agit, après renseignements auprès de la mairie, du même cahier libre que lors des dernières élections)
« Si les Amiénois se montrent favorables à ce nouveau type de vote, au terme d’une concertation que nous comptons prolonger (pourquoi pas par un référendum local), nous pourrons envisager de l’étendre et de l’utiliser pour d’autres élections, de type professionnel par exemple. »
Autant une telle mise en place serait bien entendu impensable sans référendum préalable, autant ce référendum apparaîtra assez surréaliste si la question posée fait apparaître clairement les enjeux de cette façon :
« Acceptez vous que les opérations électorales soit confiées exclusivement aux concepteurs des ordinateurs NEDAP ainsi qu’à toute personne ayant accès à ces ordinateurs entre deux scrutins ? En votant oui vous reconnaissez renoncer au contrôle citoyen que vous exercez lors des scrutins avec urnes transparente et dépouillement collectif. »
Malheureusement Gilles de ROBIEN continue à ne présenter les machines que sous un jour idyllique en ne présentant que les arguments des commerciaux les lui ayant vendu et en ignorant totalement les critiques argumentées des citoyens :
« ces machines, qui permettent un vote simple, rapide et facilité de surcroît pour les personnes à mobilité réduite, ».
Nous invitons la population amiénoise à se saisir de cette question et à faire barrage au remplacement de nos urnes transparentes par des ordinateurs opaques et invérifiables :
d’ici aux 9 et 16 mars en cherchant à convaincre Gilles de ROBIEN et ses colistiers ;
les 9 et 16 mars en votant contre les machines et en utilisant les
cahiers sensés être mis à disposition dans les bureaux de vote munis d’ordinateurs pour exprimer votre désaccord ;
d’ici au 16 mars et après le 16 mars en rejoignant la Campagne amiénoise contre les ordinateurs de vote via le site web http://vao-amiens.fdn.fr/ et le forum http://vao-amiens.fdn.fr/wws/info/debats.
L’équipe de rédaction de http://vao-amiens.fdn.fr/
Jean Charles Delépine
Articles de cet auteur
- La démocratie est elle soluble dans le vote électronique ?
- Municipales amiens 2008 : Réponses au questionnaire sur les ordinateurs de vote
- Communiqué faisant suite à la semaine de test des ordinateurs de la mairie
- Questionnaire aux candidats aux élections municipales et cantonales
- Les machines à voter encore en test
- [...]
Forum
-
Les machines à voter sont une porte ouverte à la fraude indétectable9 mars 2008, par Frederik B.
Une machine à voter est un ordinateur exécutant un programme dont personne ne peut vérifier l’honnêteté car il est couvert par le secret industriel.
Si la machine a été programmée pour devenir malhonnête "sur demande" puis effacer toute trace de ce changement de comportement, personne ne pourra ni s’en rendre compte, ni en apporter la preuve devant les tribunaux puisque tout est dématérialisé.
Si un nombre important de machines sont "modifiées" très en amont (par exemple avec la complicité d’une personne travaillant chez le fabricant) on peut supposer que la tentation sera grande d’établir une liste secrète de mots de passe uniques pour chaque machine permettant à un électeur complice de donner à une machine l’ordre de se mettre à tricher jusqu’à un éventuel contre-ordre ou bien jusqu’à la fin du scrutin.
Attention, je ne dis pas que la fraude papier n’existe pas. La différence entre la fraude papier et la fraude électronique est que la première laisse des traces et est difficilement généralisable, alors que la seconde est facilement généralisable et ne laisse pas de traces si elle est "bien" faite. La fraude papier a toujours existé, et lorsqu’il sera possible de frauder avec l’informatique la fraude ne disparaîtra pas bien au contraire... En voici la démonstration :
L’informaticien qui travaille chez le fabricant n’aura aucune difficulté pour trafiquer les machines avant qu’elles sortent de l’usine ou bien à l’occasion d’une visite de maintenance en mairie. S’il ne travaille pas chez le fabricant, l’informaticien devra se procurer une machine, comprendre comment elle fonctionne, concevoir et écrire un programme similaire (mais trafiqué) et avoir des complices (par exemple des personnels de mairie) pour accéder à la machine pendant quelques minutes afin de remplacer le programme original par son programme trafiqué. Certains modèles de machines à voter peuvent être modifiés à l’aide d’un micro-ordinateur (PC) que l’on connecte à la machine à voter pendant le transfert du programme trafiqué. D’autres modèles peuvent être trafiqués en les ouvrant pour remplacer une puce avant de le refermer. Une fois ces "formalités" accomplies, la recette pour frauder peut être vendue à n’importe quel candidat souhaitant tricher dans un bureau de vote équipé d’une machine trafiquée.
Comme chaque machine à voter a un numéro de série unique, l’informaticien demande au candidat de lui donner les numéros de série des machines qui devront reconnaître l’ordre de se mettre à tricher. L’informaticien calcule alors pour chaque numéro de série le code secret qui permettra à la machine de reconnaître l’électeur complice. Comme ce code secret dépend du numéro de série de la machine, il ne fonctionnera que sur la machine correspondante. L’informaticien s’assure de cette façon l’exclusivité de la vente des codes secrets qui fonctionneront avec le modèle de machine qu’il aura trafiqué.
Passons maintenant aux détails pratiques. Comment un électeur complice du candidat malhonnête peut-il taper un code secret sur une machine à voter ? Réponse : en faisant semblant d’hésiter entre plusieurs candidats avant de valider son choix avec le candidat qui bénéficiera par la suite du coup de pouce.
Comment éviter que la triche ne soit détectée ? En respectant les règles élémentaires suivantes :
1) ne jamais "bourrer" une urne mais se contenter de "détourner" au profit du candidat malhonnête et seulement de temps en temps (par exemple une fois sur dix) une voix accordée à un autre candidat (tout en affichant les choix originaux des électeurs pour que ceux-ci n’en sachent rien).
2) bien "choisir" les candidats victimes (ceux dont la machine devra détourner une partie des voix) ; ceci peut être fait de façon très habile si on détourne les voix de candidats dont les électorats sont habituellement susceptibles de se reporter vers le candidat malhonnête.
Comment communiquer à la machine le nom du candidat victime ? Par exemple en choisissant son numéro juste avant celui du candidat à favoriser.
Comment éviter que les résultats ne soient trop différents de sondages ? En trichant juste un peu mais pas trop ou alors en achetant des sondages...
On voit donc que la généralisation des machines à voter permettrait très facilement de faire basculer les résultats d’une élection, et accessoirement de faire la fortune de quelques informaticiens peu scrupuleux.
Il y a des gens malhonnêtes dans toutes les professions. Pourquoi prendrions nous le risque de laisser à des informaticiens, des experts, des huissiers, ou des personnels de mairie le soin d’assurer la sécurité des machines et la vérification de leur bon fonctionnement ?
Vérifier que pour chaque candidat l’appui sur le bouton de son numéro provoque l’affichage du nom du candidat est une chose, vérifier que la machine est honnête en est une autre.
Tout citoyen doit être en mesure de vérifier lui même que les bulletins de vote de son bureau de vote sont tous pris en compte et comptés correctement ; et pour cela le code électoral n’impose à personne de faire confiance à des tiers (surtout si ce sont des informaticiens, experts, représentants d’un parti, élus, huissiers, employés de mairie) ni à une machine.
Certains fabricants de machines à voter ont cru (ou essayé de faire croire) que l’impression d’un ticket remis à l’électeur au moment du vote avec le nom du candidat choisi pouvait rassurer les électeurs et les mairies. Cette pratique, qui n’est d’ailleurs pas prévue par la loi, est très dangereuse car : a) la "preuve" de vote n’a aucun intérêt puisqu’en cas de demande de vérification il faudrait demander à tous les électeurs de rapporter les tickets pour les mettre dans une urne classique afin de les compter manuellement (en espérant qu’il n’y ait pas de faux ticket) ; b) cela permet à des candidats de proposer de fortes sommes d’argent aux électeurs qui leur rapporteront les tickets prouvant qu’ils ont "bien" voté.
De même, l’adaptation des machines à voter pour qu’elles soient équipées d’imprimantes et/ou de lecteurs optiques est une arnaque : quel électeur accepterait d’appeler le président du bureau de vote pour expliquer qu’il a appuyé sur le bouton de son candidat mais que le bulletin qui s’imprime ne correspond pas ou bien qu’il y a eu "bourrage papier" pendant l’impression ?
Le vote papier est aujourd’hui le seul moyen permettant de s’assurer que dans la très grande majorité des bureaux de vote il n’y a pas de fraude, et que dans les bureaux de vote où il y en aurait elles seraient facilement détectées. Heureusement l’émargement n’a pas encore été supprimé. Ce qui veut dire que si les machines à voter ne sont pas abandonnées, le seul moyen de protester sera de ne pas voter du tout ou bien voter blanc et le faire savoir publiquement.
Avec les machines à voter les électeurs sont dépossédés de leurs droits car ils n’ont plus les moyens de s’assurer de la sincérité des résultats. Tandis qu’avec le vote papier même un enfant de 10 ans est capable de contrôler la régularité d’un scrutin.
Même si la très grande majorité des communes ne sont pas encore passées au vote électronique, il est essentiel que tous les électeurs manifestent leur attachement à l’urne transparente et aux bulletins papier afin que le vote électronique soit interdit à tous les scrutins politiques et professionnels. Il s’agit de la démocratie, pas d’un jeu télévisé. Je préfère attendre plusieurs heures pour avoir un résultat (même si je dois participer au dépouillement) plutôt que d’avoir un résultat instantanément mais dont personne ne peut savoir s’il est sincère.
J’encourage les électeurs qui seraient tentés de ne plus voter de se donner la peine de le faire (même si c’est pour voter blanc) afin que personne ne puisse prétendre que la politique n’intéresse plus les citoyens.
Aux électeurs privés de bulletin papier et indécis, je suggère qu’ils soutiennent les candidats qui ont pris des engagements pour (au moins) suspendre le vote électronique.
Merci de signer (et faire connaître) la pétition pour le maintien du vote papier : www.votepapier.com
